La Coupe du monde, une invention française


  Quand le ballon rond se mêle à l'Histoire

 

Alors que le Mondial de football démarre en Russie, retour sur les origines de la compétition.

Visuel : Jules Rimet, président de la Fédération internationale de Football (FIFA) tend le trophée de la coupe du monde au Raùl Jude, président  de l’Association uruguayenne de football, le 5 juillet 1930 à Montevidéo, lors de la première édition de cette compétition. ©B&W ONLY/AFP PHOTO

Trois heures, c’est le temps qu’il a fallu en avion pour permettre à l’équipe de France de football de rallier son camp de base en Russie, à Istra, situé non loin de Moscou. Beaucoup d’autres délégations n’ont pas eu besoin d’une durée plus longue pour rejoindre le pays hôte de la compétition. Quel changement logistique par rapport à la première édition du Mondial, en 1930, quand les nations européennes mettent deux semaines en bateau pour rallier l’Uruguay. C’est d’ailleurs pour cette raison - un long voyage - que plusieurs équipes européennes déclinent l’invitation de la Fédération internationale (la Fifa) pour ce rendez-vous inaugural. A l’arrivée, seules quatre formations du Vieux-Continent (la Belgique, la France, la Roumanie et la Yougoslavie) décident de participer et de traverser ainsi l’Atlantique.

A dire vrai, la problématique du transport n’est pas le seul motif pour lequel de nombreux pays décident de rester au pays. La crise de 1929 est encore dans toutes les mémoires, ses secousses continuent à se faire sentir et aux yeux de plusieurs capitales, disputer un grand tournoi loin de leurs bases ressemble à du luxe. L’Uruguay n’a pas été choisi par hasard pour accueillir la compétition : non seulement la Fifa trouve que c’est une bonne occasion pour ce pays de célébrer le centenaire de son indépendance mais un stade monumental va être construit spécialement pour l’occasion. Déjà la passion fourmille dans les tribunes.        

Derrière la Fifa et l’organisation de cette première Coupe du monde, il y a aussi un homme, Jules Rimet, un Français dont le parcours est aussi riche qu’éclectique. Cet avocat, issu d’un milieu modeste, est aussi un passionné de sport en général et de football en particulier. Après une enfance non loin de Vesoul, il fait ses premières armes en région parisienne avec la création du club omnisports du Red Star, toujours basé à Saint-Ouen. En 1919, il prend la direction de la Fédération française de football association, tout juste créée. Deux ans plus tard, il pilote également la Fédération internationale. Rimet, qui croit au développement d’un sport professionnel, n’en poursuit pas moins des visées humanistes. Celui qui s’est forgé à la lumière d’un catholicisme social, pense fermement que les joutes sportives sont un excellent moyen pour tous les individus  - et par extension les nations - de se rapprocher.

A l’arrivée, c’est encore un Français, Lucien Laurent, qui inscrit le premier but de la compétition de 1930. Toujours sur le plan sportif, ce sont les deux équipes favorites, l’Argentine et l’Uruguay qui disputent la finale de cette édition inaugurale : la seconde l’emporte à domicile, devenant ainsi la première nation couronnée. En 1950, la «Céleste», c’est ainsi que l’on surnomme l’équipe d’Uruguay, l’emportera à nouveau, face au Brésil cette fois.  
Frédéric de Monicault

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