LE JUTEUX TRAFIC DES SLAVES
Jusque vers l'an mille, Vikings et Scandinaves dominent les circuits d'approvisionnement en main-d'oeuvre servile. Païenne, exclusivement.
Vers 870, Bernard, moine du Mont-Saint-Michel, décide de partir pour la Terre sainte. Arrivé dans le port italien de Tarente, il constate la présence de 9 000 esclaves, déjà chargés dans des bateaux. Leur destination ? L'Afrique du Nord et l'Orient. Le Moyen Âge n'ignore pas la traite des esclaves, y compris à grande échelle. Les principales victimes en sont les prisonniers de guerre. Au VIe siècle, les Anglo-Saxons constituent l'une des meilleures sources d'approvisionnement : on trouve des insulaires jusque sur les marchés de Rome, où le pape Grégoire le Grand (590-604) s'amuse à noter que les Angles ressemblent à des Anges (sans l et sans ailes !). À partir du VIIe siècle, l'Église condamne toutefois la revente de prisonniers chrétiens à des marchands infidèles. Cela n'interdit pas le commerce. Les Francs se mettent à capturer des Slaves, qui, parce qu'ils sont païens, peuvent être écoulés sans scrupule.