HEUREUX COMME UN ESCLAVE...
Même asservis, les domestiques font partie de la famille. L'Empire protège même les travailleurs forcés des maîtres cruels. Tous ? Hélas, non...
À Rome, l'esclave n'est ni une bête ni un objet. Il est un homme, ou une femme, amputé d'une partie de son humanité car il n'a pas de dignitas, d'honneur à défendre. Son rôle est de servir loyalement son maître en échange de nourriture, d'un endroit où dormir, d'un pécule et de soins lorsqu'il est malade ou vieux. Car, oui, le maître est tenu par les lois de ne pas tuer son esclave par caprice et de ne pas l'abandonner quand il est mal en point, sans quoi celui-ci serait légalement affranchi, comme le prévoient les lois de l'empereur Claude (41-54 apr. J.-C.). L'esclave romain est un membre à part entière de la famille romaine élargie. Il n'en sortira jamais tout à fait car, même s'il est affranchi par choix de son maître, par rachat de sa liberté ou par testament, son propriétaire puis ses héritiers deviennent son patron ( patronus ). Autrement dit, même libre, l'ex-esclave reste au service de son ancien maître.