Au tribunal de l'Histoire
DEUX SIÈCLES APRÈS SA CHUTE, Napoléon continue d'alimenter les débats les plus passionnés. Entre fascination et détestation, les jugements - plus ou moins éclairés - sur la figure impériale manquent souvent d'objectivité, pèchent par approximation. Voire anachronisme. L'ombre de l'Aigle plane inlassablement sur les esprits. Il suffit de passer en revue les 70 000 ouvrages écrits sur l'enfant d'Ajaccio et la centaine de films qu'il a inspirés pour mesurer la dimension universelle du personnage. En France, depuis 1815, en fonction du contexte géopolitique, de la situation économique du pays et du climat social, l'opinion se montre versatile envers celui que d'aucuns considèrent exclusivement comme le sauveur de la Révolution et le créateur de la France moderne, quand d'autres ne voient qu'un tyran, un conquérant sanguinaire, esclavagiste et antirépublicain. Et encore, on passera sous silence les charges les plus violentes dont il est encore la cible...