À LA RECHERCHE DES DESCENDANTS D'ESCLAVES
Des musulmans craignent que les imams noirs ne puissent exaucer leurs prières à cause de leur couleur de peau, synonyme d'esclavage. Radiographie de clichés, qui commencent à être débattus et combattus.
Il n'est pas facile d'établir de manière exacte le pourcentage de Noirs dans la population totale des pays arabes. Cela s'explique par plusieurs raisons politiques, et surtout par l'absence de recensement prenant en compte les critères de couleur, d'ethnie, de religion. Des estimations avancées en 1979 donnent des chiffres oscillant entre 6 et 8 % ; d'autres proposent 10 à 12 %. Malgré leur caractère incomplet et parcellaire, ces données aident à esquisser une fourchette approximative, qui va de 25 à 30 millions d'individus qui seraient franchement de tonalité noire. À titre d'exemple, la population noire de Tunisie avait été estimée en 1848 (juste après l'abolition) à 167 000 individus pour une population globale de deux millions. Une enquête plus récente, menée en Algérie en 1979, établissait, pour ce pays, la présence d'un million de Noirs sur un total de 17 millions d'habitants.